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AUVERS-SUR-OISE

Il reste trois jours à Paris, profitant de sa famille. Le 21 mai 1890 Vincent prend le train pour Auvers-sur-Oise. A peine arrivé, il écrit à Théo : "J'ai vu M le Dr Gachet qui me fait l'impression d'être assez excentrique, mais son expérience de docteur doit le tenir lui-même en équilibre en combattant le mal nerveux, duquel certes il me paraît attaqué au moins aussi gravement que moi".

Il s'installe à l'auberge Ravoux, appelée aujourd'hui le café VAN GOGH, et explore les alentours ravi de voir la campagne, les maisons au toit de chaume, lui rappelant son pays.
Le docteur Gachet lui réserve un très bon accueil. Il le pousse à peindre et lui enseigne même, la technique d'impression à l'eau forte. Théo et sa famille viennent rendre visite à Vincent. Il s'occupe magnifiquement du petit.

Quelque temps après, Théo et son fils tombent malade, tous les deux atteints d'une néphrétique et d'une bronchite. Vincent est très inquiet. Il se brouille avec Gachet, pour des motifs futiles : "J'ai été le voir avant-hier, je ne l'ai pas trouvé (...) Je crois qu'il ne faut aucunement compter sur le Docteur Gachet. D'abord il est plus malade que moi à ce qu'il m'a parut, ou mettons juste autant, voilà. Or lorsqu'un aveugle mènera un autre aveugle, ne tomberont-ils pas tous les deux dans le fossé ?"


L'inquiétude pour son frère et son neveu, le pousse-t-il à un geste menaçant ? Toujours est-il que Gachet le met à la porte.
Van Gogh poursuit cependant son travail et écrit à ce sujet : "Ce sont d'immenses étendues de blé sous des ciels troublés et je ne me suis pas gêné pour chercher à exprimer de la tristesse, de la solitude extrême. (...) Maintenant la troisième toile est le jardin de Daubigny que je méditais depuis que je suis ici."
(Daubigny est mort en 1878 et vincent avait beaucoup de sympathie pour lui).


Champs de coquelicots
Huile sur toile 73x91,5 cm
Juin 1890

Le dimanche 27 juillet, Vincent sort peindre dans les champs et se tire une balle en pleine poitrine. Blessé, il dira : "j'ai encore raté mon coup." Il rejoint sa chambre à l'auberge.
Monsieur Ravoux ne voyant pas descendre Vincent pour dîner, le trouve allongé sur son lit, ses vêtements ensanglantés. Il appèle le Docteur Gachet qui ne peut extraire la balle. Le lendemain, Théo arrive et trouve son frère, fumant une cigarette sur son lit. Ils parlent un moment. Dans la nuit du 29 juillet Vincent décède.
Le curé d'Auvers-sur-Oise refuse d'officié pour un suicidé. Il sera inhumé cependant dans le cimetière de la ville, derrière l'église qu'il avait peinte quelques temps plus tôt, accompagné du Lucien Pissarro, fils du peintre, Emile Bernard, Théo et sa famille. Théo, bouleversé écrit à sa mère : "La seule chose qu'on puisse dire, c'est que Vincent jouit enfin de ce repos auquel il aspirait. La vie était un poids pour lui, mais maintenant, comme c'est souvent le cas, on ne tarit plus d'éloge sur son talent."

Théo meurt le 25 janvier 1891 à Utrecht. En 1914, sa femme ramènera son corps auprès de son frère. Les deux frères reposent maintenant à coté l'un de l'autre.

Nul ne connaît la vérité sur la mort de Vincent. Comment et ou avait-il trouvé son revolver ? A quel endroit précis s'est-il tiré cette balle ? Rien dans ces lettres ne présageait cet acte. Il dira juste, avant de mourir : "J'ai fait cela pour le bien de tous." Et c'est probablement la seule explication valable.

Devant cette fin désespérée, de cet homme qui voulait avant tout être lui-même, laissons le parler une dernière fois :


 
" Tel à un grand foyer dans son âme
et personne ne vient jamais s'y chauffer, et les passants n'en aperçoivent
qu'un peu de fumée en haut par la cheminée,
et puis s'en vont leur chemin."

 

 
 


 
 

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