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LA HAYE
| Cette période qui débute en décembre 1881 et
s´achève en 1883, va devenir pour Van Gogh, une étape de solitude et de
problèmes personnels. A son arrivé, il se fait aider financièrement par
les peintres Mauve et Tersteeg. Au début de l´année 1882, il rencontre
Christine Maria Hoornik(dite Sien), une prostituée. Elle pose beaucoup pour le peintre et
finit par s´installer chez lui. Ses relations avec Mauve et Tersteeg, se
détériorent, jusqu´à cesser tout à fait. Tersteeg
désapprouve le mode de vie de Van Gogh et l´aide financière qu´il
accepte de Théo. Loin de capituler, Théo augmente de 50 FF, les
mensualités qu'il verse à Vincent. La vie avec Sien se fait difficile aussi.
Disputes et difficultés financières sont le quotidien du couple.
En mars 1882, Cornélius Marinus, marchand d´art et oncle du peintre lui rend visite et lui commande une douzaine de dessins (vue de la Haye). Une lettre datée du 18 juillet 1882, indique que Van Gogh se sentira toujours sous menace d´un internement psychiatrique. Volonté que son père lui témoigne lorsque celui-ci vient lui rendre visite lors d'un séjour que Vincent fait à l´hôpital pour des problèmes pulmonaires. Il exécute donc dessins, peintures et aquarelles, et réalise à cette date son plus beau dessin : "Sorrow" |
Sorrow (chagrin) Crayon lavé 45,5×29,5cm "Comme une seule ligne peux exprimer bien des choses!" (lettre à Théo) |
| Van Gogh et Théo, ont l´idée d´un regroupement d´artiste. Il poursuivra longtemps ce rêve mais abandonnera se voyant dans l´impossibilité de vendre une seule toile. Fin septembre 1883, Il quitte La Haye et Sien, pour s´installer dans le nord de la Hollande, La Drenthe. |
Femmes dans la pluie Aquarelle 28,5×21cm Juillet 1882 |
Vieillard au chapeau haut de forme Mine de plomb, Crayon lithographique noir, plume, lavis, encre brune, 60,5×36cm Décembre 1882 |
| Ce fut la période la plus sinistre de la vie de Van Gogh. Il reste 3 mois
dans cette région rude, aux saisons froides et sombres. Il fait des circuits dans la
région et passe par Hoogeveen et Niew-Amsterdam. Il exécute peintures et
dessins, malgré l´accueil peu chaleureux des paysans.
Une description de son séjour a été rapportée dans une lettre qu´il écrivit à Théo : "(...) Un silence, un mystère, une paix comme seul Corot les a peints. (...) Que c´était beau, l´arrivée en carriole au village ! D´énormes toits de mousse sur les maisons, sur les étables, les granges, les bergeries. Ici, les habitations sont très écartées, entre des chênes d´une couleur bronze superbe. Dans la mousse, des tons d´or vert ; sur le sol, des gris rougeâtres, bleuâtres, des gris lilas foncé, jaunâtres, des tons d´une pureté indicible parmi le vert des champs de blé : noirs sur les troncs mouillés qui se détachaient sous la pluie d´or des feuilles d´automne, tournoyantes, fourmillantes, (...)" |
Deux paysannes aux champs Huile sur toile 27×35,5cm Octobre 1883 |
Les métairies Toile sur carton 36×55,5cm Septembre 1883 |
| Dans cette région, il peindra fermes, et paysannes dans les champs. Il
exécutera aussi de magnifiques esquisses. Il enverra son travail à Théo,
comme les fois précédentes.
Dans chaque paysanne qu'il croque, il voit Sien et son misérabilisme. Son sentiment de solitude se fait plus vif encore. Cette solitude et sa compassion sont parfaitement décrites dans cette lettre, certainement la plus touchante. "(...) Théo, lorsque j'aperçois dans la bruyère une pauvre femme portant son enfant sur le bras ou serré contre sa poitrine, mes yeux se mouillent, je la reconnais dans cette femme-la, d'autant plus que la faiblesse et le débraillé accentuent encore la ressemblance. (...) Que la vie déborde de tristesse ! Enfin je ne puis m'abandonner à la mélancolie, il me faut trouver une issue, c'est mon devoir de travailler. Il y a des moments où je ne trouve la sérénité que dans la certitude que le malheur ne m'épargnera pas moi non plus." Vincent quittera La Drenthe, poussé par le besoin de contacts humains. Il va s'installer à Nuemen, petite ville à coté d'Einghoven, se rapprochant de sa famille. |
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