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" Je suis comme les enfants à l'école. La page blanche doit toujours être bien écrite et paf !… un pâté.
J'en suis encore au pâté, et j'ai quarante ans.
J'ai été voir les Raphaël à Rome : C'est bien beau et j'aurais dû voir ça plutôt. C'est plein de savoir et de sagesse. Il ne cherchait pas comme moi les choses impossibles. Mais c'est beau. "

Pierre Auguste Renoir


 

Pierre Auguste Renoir est né le 25 février 1841 à Limoges d'une famille d'artisans. Son père, modeste tailleur, s'installe à Paris et pense pouvoir y prospérer. Il s'aperçoit très vite du talent artistique de son fils. A 13 ans, Renoir part travailler chez un décorateur de porcelaine. Le soir il suit des cours de dessin.
C'est à 17 ans qu'il se tourne vers la peinture sur éventails et stores, celles-ci étant plus rentables.

Force de travail et d'économie, il s'inscrit en 1862 à l'Ecole des Beaux-Arts. Il rentre dans l'atelier de Marc Gleyre. Il y rencontre d'autres jeunes élèves comme Monet, Sisley et Bazille qui deviendront des amis. C'est au Louvre et dans la forêt de Fontainebleau qu'il fera ses premiers pas de peintre. Le Louvre pour y copier les grands Maîtres du XVIIIeme siècle et Fontainebleau pour y développer ses talents.
Il y rencontre Virgile Diaz, vieux maître de l'Ecole de Barbizon. Celui-ci lui enseignera l'amour de la nature et de la couleur.

Malgré les graves difficultés économiques, ces années sont pleines de plaisirs et d'enthousiasme. Le Salon (la plus grande exposition de Paris) accepte occasionnellement ses peintures. Mais souvent il se voit essuyer un refus. Le salon est presque l'unique moyen de vendre des toiles. Ce refus est du à son adhésion au courant artistique moderne et à l'adoration que voue Renoir au peintre Courbet, très décrié, et considéré comme un saboteur de la bonne peinture.

Cependant son ami Bazille, issu d'une famille riche, lui propose son atelier et son aide. C'est au cours de cette période qu'il peint " Le Cabaret de la mère Anthony (1866) ". Il exprime dans cette peinture sa confiance dans le mode qui l'entoure et l'amour qu'il lui porte. Il crée une polémique, l'année suivante en présentant sa " Diane Chasseresse (1867) ", fortement inspiré du Coubert. Mais essayant de se détacher du courant de son idole, il présente la même année " Lise à l'ombrelle (1867) ". Ce tableau est l'oeuvre d'un artiste en pleine possession de ses moyens et riche d'une personnalité neuve et originale.


 

Le Cabaret de la Mère Anthony 1866
(Nationalmuseum-Stockholm)
Dianne Chasseresse 1867
(National Gallery of Art-Washington)
Lise à l'ombrelle 1867
(Folkwang Museum-Essen)


 

En 1868, " Lise à l'ombrelle " est accepté au Salon ou elle remporte un certain succès. Renoir est désormais introduit dans le milieu artistique parisien. Il fréquente souvent un groupe dont font parti les peintres Manet, Degas, Bazille, Sisley, Monet, Pissarro, Cézanne, Fantin, Nadar le photographe, Astruc et Duranty les écrivains et critiques ainsi que Duret et Zola.


 
Son modèle préféré est sa femme, Anne Charigot, qu'il épousa en 1873. Renoir a 3 fils : Pierre né en 1885, Jean né en 1894, et Claude né en 1901. Il exécute de nombreuses peintures de sa famille laissant ainsi un trésor inestimable.


 

Aline et Pierre 1887
(Muséum of Art-Cleveland)
Claude Renoir jouant 1906
(Musée de l'Orangerie-Paris)
Gabrielle et Jean 1895
(Collection particulière)


 

A l'occasion des réunions vient l'idée d'une exposition des peintures impressionnistes. Mais celle-ci est retardée par la guerre franco-prussienne de 1870.
En 1874, dans la salle d'exposition de Nadar, ouvre cette première exposition. Renoir y expose ses tableaux : " La grenouillère (1869) ", les vues du pont neuf, de la Seine à Argenteuil, des quais et des boulevards, mais aussi ses toiles " La Loge (1874) ", et " La danseuse (1874) ", chefs-d'oeuvre de grâce.
C'est un énorme scandale. Le public rit et s'indigne. Cette exposition réussit néanmoins à faire connaître ses peintres, et leurs recherches.


 

La Grenouillère 1869
(Nationalmuseum-Stockholm)


 

La loge 1874
(Courtauld Institute Galleries-Londres)
La danseuse 1874
(National Gallery of Art-Washington)


 

A cette période Monet et Renoir sont très proches. Les deux artistes vont souvent peindre ensemble, aux alentour de Paris et le long de la Seine.

Il voyage aussi dans toute la France et fait des tableaux de ses amis, et connaissances, et trouvent des lieus qui satisfont sa sensibilité d'artiste.
Il réalise des œuvres inimitables comme " Le Bal au Moulin de la Galette (1876) " et " le déjeuner des Canotiers (1881) ".


 

Le bal au Moulin de la Galette 1876
(Musée d'Orsay-Paris)
Le déjeuner des Canotiers 1881(The Pillips Collection-Washington)


 

C'est à cette époque que Renoir renouvelle sa palette et se questionne.
 


 

" L'air pensif, songeur, sombre, l'œil perdu, vous l'avez vu vingt fois traverser en courant le boulevard ; oublieux, désordonné, il reviendra dix fois pour la même chose sans penser à la faire ; toujours courant dans la rue, toujours immobile dans l'intérieur, il restera des heures sans bouger, sans parler : où est son esprit ? Au tableau qu'il fait ou au tableau qu'il va faire ; ne parle peinture que le moins possible.
Mais si vous voulez voir son visage s'illuminer, si vous voulez l'entendre - Ô miracle - chantonner quelque gai refrain, ne le chercher pas à table, ni dans les endroits ou l'on s'amuse, mais tâchez de le surprendre en train de travailler. "

Lettre de son Frère Edmond à Emile Bergerat.


 

En 1881, lassé de la capitale, Renoir part un mois en Algérie. Il désire se renouveler. Il y retournera un an après et peindra à ces occasions, des jeunes femmes arabes, des enfants et des paysages.

Cette même année de 1881, il découvre en Italie, Raphaël à Rome, Titien à Venise et les fresques de Pompéi à Naples. C'est un moment de crise. Il appèle lui même sa manière " aigre " de peindre, ceci à cause de sa palette au dominance de couleur froides et acides.
Il abandonne l'impressionnisme et décide de recommencer en s'inspirant des peintures de Raphaël et Ingres. Après cette période, Renoir retourne à des formes d'expression plus libres, mais ses couleurs n'auront plus cette fraîcheur du plein air.


 

Baigneuse 1903
(Kunsthistorisches Museum-Vienne)
Les Grandes Baigneuses 1887
(Museum of Art-Philadelphie)


 

Au tournant du nouveau siècle, Renoir devient assez connu et bien payé pour ses toiles. Cependant, la reconnaissance de son art, et de l'impressionnisme en général, n'est pas encore présente.
En effet, exécuteur testamentaire de Gustave Caillebotte, il se bat pour faire accepter en 1894, par l'Etat, la donation de sa collection. Cette dernière sera acceptée 3 ans plus tard, mais pas dans son intégralité.

Renoir réside le plus souvent à Cagnes, dans le midi, pour s'y installer définitivement en 1905. Il continue à peindre avec acharnement, en attachant le pinceau à sa main, et cela malgré l'aggravation de ses rhumatismes articulaires.

En 1907, son intérêt va vers la sculpture. Le jeune artiste Richard Guino, dirigé par Renoir, traduira en sculpture ses peintures.


 

Buste de Madame Renoir 1916
(Domaine des Collettes-Cagnes)


 

En 1919, ses tableaux sont au Louvre, à coté des grands maîtres. Il meurt à Cagnes le 3 décembre.